En France, un établissement ou un professionnel de santé doit communiquer le dossier médical au plus tôt après un délai de réflexion de 48 heures et, au plus tard, dans les huit jours suivant la demande. Pour des informations médicales datant de plus de cinq ans, le délai maximal est porté à deux mois.

Ces délais sont encadrés par le Code de la santé publique. Ils ne signifient pas que toute copie est nécessairement prête dès le huitième jour : la date de réception d’une demande complète, la période couverte par les pièces et les modalités de consultation peuvent influer sur son traitement. Voici comment comprendre l’échéance et réagir si elle n’est pas respectée.

Le délai légal dépend de l’ancienneté des informations

Le délai de huit jours s’applique à la communication des informations médicales dont la date ne remonte pas à plus de cinq ans. Lorsque la demande porte sur des informations plus anciennes, le délai maximal passe à deux mois. Ce délai allongé concerne les éléments concernés par cette ancienneté ; il ne transforme pas automatiquement en deux mois l’accès aux pièces récentes réclamées en même temps.

Le point de départ est la réception de la demande par le détenteur du dossier, et non le jour où le patient a commencé à la préparer. Pour pouvoir déterminer cette date, il est prudent d’envoyer la demande par un moyen qui en conserve une preuve, ou de demander un accusé de réception. Si le dossier porte sur plusieurs périodes, précisez les dates ou les épisodes de soins concernés afin que le service puisse identifier les documents demandés.

SituationDélai maximal de communicationÀ vérifier
Informations datant de cinq ans ou moinsHuit jours, après le délai de réflexion de 48 heuresLa date de réception d’une demande suffisamment précise
Informations datant de plus de cinq ansDeux moisLa période médicale concernée et l’ancienneté des pièces

Le délai de réflexion de 48 heures est une garantie prévue avant la communication. Il ne faut donc pas interpréter les huit jours comme une autorisation générale de différer la réponse sans limite. Si le service annonce un délai supérieur, demandez quelle règle ou quelle difficulté concrète justifie ce calendrier et à quelle date la communication est attendue.

Ce qui peut influer sur la date de réception

Une demande adressée au mauvais interlocuteur peut prendre du retard avant même son examen. À l’hôpital, le service chargé des relations avec les usagers, les archives médicales ou la direction peut centraliser les demandes ; les coordonnées figurent souvent sur le site de l’établissement. Pour un suivi en cabinet, adressez-vous directement au professionnel qui détient les informations. Si vous ne savez pas qui conserve le dossier, demandez à l’établissement de vous orienter vers le service compétent.

Une demande imprécise peut aussi compliquer les recherches. Indiquez votre identité, vos coordonnées, la période ou le service concerné, ainsi que le mode de consultation souhaité. Joignez un justificatif d’identité lorsque cela est nécessaire à la vérification du demandeur. Ces précautions ne créent pas un nouveau délai légal, mais elles réduisent les échanges susceptibles de retarder l’identification des pièces.

Comment est communiquée la copie du dossier

La communication peut se faire par consultation sur place ou par l’envoi de copies, selon les modalités proposées par le détenteur du dossier et les règles applicables. Lors d’une consultation, le patient peut demander à être accompagné par un médecin. Si des copies sont envoyées, vérifiez avec le service le format disponible, l’adresse à utiliser et les éventuels frais de reproduction ou d’expédition. Le délai légal concerne l’accès aux informations ; il ne garantit pas un format particulier si une autre modalité conforme est proposée.

Avant de relancer, distinguez le délai de traitement de la date d’expédition : une copie annoncée comme préparée peut encore nécessiter une remise ou un envoi. Demandez par écrit si le dossier est prêt, si des pièces restent à rechercher et si la communication sera partielle ou complète. Cette question est utile lorsque seuls certains documents sont urgents, par exemple un compte rendu nécessaire à la poursuite des soins.

Que faire si le délai est dépassé

Commencez par une relance écrite au service destinataire. Rappelez la date à laquelle la demande a été reçue, la période concernée et le délai applicable. Demandez une réponse précise sur l’état d’avancement et une date de communication. Conservez la demande initiale, la preuve de réception, les échanges et toute réponse obtenue : ces éléments permettent de montrer que le délai a expiré et d’éviter de repartir de zéro.

En l’absence de réponse, adressez une réclamation au responsable de l’établissement ou au responsable des relations avec les usagers. Dans un établissement de santé, vous pouvez solliciter la commission des usagers pour vous aider à faire examiner la difficulté. Si le litige porte sur l’exercice du droit d’accès aux données personnelles, une réclamation auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés peut également être envisagée. La démarche appropriée dépend de la nature du refus ou du blocage ; exposez les faits et joignez les preuves plutôt que de vous limiter à signaler un retard.

Un refus explicite doit être distingué d’un simple retard. Demandez que le motif du refus soit communiqué par écrit et précisez que votre demande porte sur l’accès aux informations médicales vous concernant. Si certaines pièces ne peuvent pas être communiquées selon le service, demandez quelles pièces sont accessibles et sur quel fondement la restriction est justifiée. Une communication partielle ne devrait pas empêcher l’accès aux autres éléments communicables.

Réduire les retards dès la demande

Une demande claire facilite le repérage du dossier sans renoncer à demander l’ensemble des informations auxquelles vous avez droit. Évitez une formule vague comme « tout mon dossier » si vous connaissez les dates et services concernés ; vous pouvez toutefois préciser que vous souhaitez les pièces relatives à plusieurs épisodes de soins. Si vous avez besoin d’un document en priorité, nommez-le et expliquez l’urgence pratique, par exemple un rendez-vous de suivi, tout en maintenant votre demande portant sur le reste du dossier.

Vous pouvez formuler votre courrier ainsi : « Je demande la communication des informations médicales me concernant pour la période allant de […] à […], et notamment des comptes rendus de consultation, d’hospitalisation et d’examens. Merci de confirmer la réception de cette demande et de m’indiquer la modalité de communication retenue. » Ajoutez vos coordonnées et les éléments nécessaires à la vérification de votre identité. Gardez une copie signée de votre demande et la preuve de son envoi ou de son dépôt.

FAQ

Le délai de huit jours commence-t-il à la date d’envoi du courrier ?

Il se calcule à partir de la réception de la demande par le détenteur du dossier. Conservez donc une preuve de réception ou demandez un accusé de réception afin de pouvoir établir le point de départ.

Pourquoi le délai peut-il atteindre deux mois ?

Le délai maximal est porté à deux mois lorsque les informations demandées datent de plus de cinq ans. Pour une demande couvrant des périodes différentes, précisez les dates afin que le service distingue les pièces récentes des pièces anciennes.

Une demande par courriel est-elle possible ?

Les modalités varient selon le professionnel ou l’établissement. Vérifiez le canal sécurisé et les justificatifs demandés auprès du détenteur du dossier ; l’essentiel est de pouvoir établir le contenu de la demande et sa réception.

Que faire si je n’ai reçu qu’une partie du dossier ?

Écrivez au service pour demander quelles pièces ont été transmises, lesquelles restent en attente et la date prévue pour le complément. Si certaines informations sont exclues, demandez une explication écrite et la communication des autres éléments accessibles.